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InformationsPublié le 31 mars 2025

La Suisse à nouveau présente à Kaboul grâce à un bureau humanitaire

En Afghanistan, 24 millions de personnes dépendent de l’aide humanitaire et la majeure partie de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. La Suisse ouvre un bureau humanitaire à Kaboul. Quatre spécialistes du Corps suisse d’aide humanitaire (CSA) et dix employés locaux fournissent une assistance à la population en détresse afin de répondre à ses besoins fondamentaux.

Vue du bâtiment du bureau humanitaire de la Suisse à Kaboul. Une pelouse et deux arbres sont visibles au premier plan.

Après la prise de pouvoir par les talibans en août 2021, la Suisse a fermé son bureau de coopération à Kaboul et évacué l’ensemble de son personnel. L’équipe de la DDC a ensuite poursuivi ses programmes depuis Berne, puis, dès février 2023, depuis la capitale du Pakistan, Islamabad. Durant cette période, l’équipe s’est rendue régulièrement à Kaboul pour assurer la continuité des programmes de la DDC.

Une aide efficace nécessite une présence sur place

La DDC a décidé ce printemps d’ouvrir un bureau humanitaire sur place. Selon Dominik Stillhart, directeur suppléant de la DDC et chef de l’aide humanitaire, ce retour à Kaboul s’est imposé afin de pouvoir répondre plus efficacement aux besoins de la population en détresse.

Vue aérienne de la ville de Kaboul avec des montagnes enneigées en arrière-plan.

La fourniture d’une aide efficace aux populations dans le besoin passe par un dialogue direct avec les habitants, une coordination efficace entre les organisations humanitaires présentes sur place et une parfaite compréhension de la situation. C’est le cas de toutes les régions en crise qui ont besoin d’aide humanitaire, pas seulement en Afghanistan. Les membres du CSA doivent être en mesure de réagir immédiatement et avec souplesse aux besoins des populations concernées. La seule façon d’y parvenir est d’assurer une présence sur place, précise Eric Marclay, chef de bureau à Kaboul.

Si l’on ne s’y rend que tous les deux ou trois mois, il est difficile de rester à l’écoute de la population. Notre présence sur place nous permet d’adapter nos programmes aux besoins des personnes en détresse.
Dominik Stillhart, directeur suppléant de la DDC, dans une interview accordée à la SSR le 21 janvier 2024

Du bureau de coopération au bureau humanitaire

Après la prise de pouvoir des talibans en août 2021, la Suisse a adapté ses programmes de coopération au développement au nouveau contexte en mettant l’accent sur l’aide humanitaire, le soutien à la société civile afghane (notamment aux femmes et aux filles), la sécurité alimentaire et l’agriculture climato-résiliente. L’ancien bureau de coopération de Kaboul a été transformé en bureau humanitaire. Le budget de l’aide humanitaire à l’Afghanistan s’élève à 25 millions de francs pour l’année 2025, ce montant incluant les coûts d’exploitation et de personnel.

La collaboration avec les représentants des talibans limitée au strict nécessaire

Il n’y aura pas de programmes de développement ou de financement avec les autorités talibanes. L’équipe du CSA travaille en étroite collaboration avec des organisations partenaires des Nations Unies (ONU) telles que le Programme alimentaire mondial (PAM), le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), la Banque mondiale ainsi que des organisations non gouvernementales (ONG) internationales et nationales. Les contacts des membres du CSA avec les autorités locales et régionales se limitent aux aspects purement techniques de l’aide humanitaire.

Notre présence en Afghanistan a pour seul et unique but de fournir une aide humanitaire à la population civile en détresse. Il ne s’agit en aucun cas de légitimer les talibans ou d’établir des contacts diplomatiques avec eux.
Dominik Stillhart, directeur suppléant de la DDC, dans une interview accordée à la SSR le 21 janvier 2024

Les talibans laissent la Suisse travailler sans condition préalable. La situation sécuritaire en Afghanistan demeure complexe et comporte des risques considérables pour toutes les opérations menées dans le pays. La Suisse suit de près l’évolution de la situation sur place et dispose d’un dispositif de sécurité étendu pour son personnel.

Afghanistan

Avec la prise de pouvoir des talibans en août 2021, la situation économique, politique, sociale et humanitaire déjà désastreuse du pays s’est encore détériorée. La population souffre de la limitation systématique des droits de l’homme par les talibans, dont les femmes et les filles sont les premières victimes. Le pays est affaibli par près de 50 ans de guerre et de conflits et subit les conséquences néfastes du changement climatique. Selon le HCR, 1,6 million de personnes ont fui l’Afghanistan depuis 2021 et 3,6 millions d’Afghans sont déplacés internes dans leur propre pays.

Aide humanitaire

Le mandat humanitaire de la Suisse est universel (c’est-à-dire sans restriction géographique). Les activités d’aide humanitaire ont pour but de préserver la vie, la sécurité, la dignité et les droits des personnes touchées par les crises. Elles se déploient dans les situations de violence, les conflits armés et les catastrophes. L’aide humanitaire est indissociable du respect du droit international humanitaire, des normes internationales et des principes humanitaires.

Contact

Direction du développement et de la coopération (DDC)
Eichenweg 5
3003 Berne