Agir au plus près des besoins: le partenariat Suisse-AHF au cœur du soutien à l’Afghanistan
La situation humanitaire en Afghanistan reste marquée par des problèmes structurels et systémiques comme le manque de services essentiels, une économie exsangue et des chocs climatiques et saisonniers récurrents (inondations, hivers rigoureux et sécheresses). En 2025, on estime que 22,9 millions de personnes sont tributaires de l’aide humanitaire en Afghanistan. Les contributions de la Suisse au Fonds humanitaire pour l'Afghanistan garantissent que l'aide humanitaire parvienne à ceux qui en ont le plus besoin.

Après des décennies de conflit, l'Afghanistan est toujours confronté à des défis économiques et environnementaux majeurs, qui affaiblissent la résilience des communautés et leurs mécanismes d'adaptation. Parallèlement, la mise en œuvre lente mais régulière des lois et réglementations par les autorités de facto accroît les risques pour la protection des femmes, des filles et d'autres groupes vulnérables, ce qui complique encore davantage la fourniture de l'aide humanitaire. En mars 2025, la Direction du développement et de la coopération DDC a réaffirmé son engagement de longue date en rouvrant son bureau humanitaire à Kaboul. Elle peut ainsi agir de manière efficace, efficiente et responsable auprès des communautés et des partenaires, afin de répondre aux besoins urgents et de renforcer la résilience à long terme.
Depuis plus d’une décennie, le Fonds humanitaire pour l’Afghanistan (Afghanistan Humanitarian Fund, AHF), un fonds de financement commun pour un pays (country-based fund pool, CBPF) géré par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), a été un appui essentiel et un partenaire clé de l’aide humanitaire apportée par la Suisse dans le pays. Au cours des trois dernières années, l’AHF a alloué plus de 243 millions de dollars à des organisations humanitaires locales, leur permettant ainsi d’apporter une aide essentielle aux personnes dans le besoin dans tout le pays. La Suisse a contribué à cet effort à hauteur de 15 millions de dollars.
Un fonds stratégique et fiable
La création d’un CBPF intervient dans des situations d’urgence ou lorqu’une crise en cours s’aggrave. Ces fonds permettent aux organisations humanitaires – ONG internationales et locales et agences des Nations Unies telles que le Programme alimentaire mondial (PAM) – de soutenir les communautés affectées. La Suisse et les CBPF poursuivent un objectif commun: renforcer le financement direct des ONG locales et nationales. En 2024, l’AHF a consolidé la réponse humanitaire en fournissant 27% du financement, direct et indirect, des ONG nationales partenaires et en proposant des formations ciblées et interactives à 120 partenaires, dont 66 organisations nationales. Cette initiative permet d’optimiser l’action humanitaire et de renforcer la capacité des partenaires locaux et nationaux à répondre aux besoins de leurs propres communautés.
Créé en 2014 et géré par l’OCHA, l’AHF constitue une véritable lueur d’espoir et un appui essentiel pour une population éprouvée depuis plus de 40 ans par les conflits, les catastrophes naturelles et les déplacements forcés. Au cours de la dernière décennie, l’AHF a soutenu de nombreuses ONG locales et organisations dirigées par des femmes afin d’autonomiser les communautés les plus touchées du pays et de leur donner les moyens d’agir. Les femmes afghanes sont aujourd’hui soumises à des restrictions extrêmement rigides, qui limitent drastiquement leur participation à la vie publique et aux actions humanitaires.

Le pays souffre des conséquences de décennies de conflits persistants, de sous-développement et de pauvreté, aggravées récemment par les effets du COVID-19. Ces facteurs ont contribué à une crise alimentaire particulièrement grave. Une analyse réalisée en 2025 par le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire a révélé que plus de 12,6 millions de personnes, soit près d’un tiers de la population, étaient confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, ce qui justifie une action urgente. L’AHF a financé des projets de sécurité alimentaire et d’agriculture pour 1,2 million de personnes dans tout le pays.
Combattre la malnutrition dans les villages isolés
Face aux importants besoins nutritionnels dans la province de Nangarhar, l’ONG suisse Terre des hommes a lancé en 2024 un projet financé par l’AHF pour prévenir la malnutrition et en traiter les formes aiguës, modérées et sévères chez les femmes et les enfants. Un des principaux obstacles était l’absence d’établissements et de services adéquats dans les villages, en particulier dans les zones reculées. Terre des hommes a créé des centres de soins où les enfants peuvent être évalués, soignés et suivis tout au long de leur rétablissement. Les familles y amènent souvent leurs enfants dans un état critique. Ce projet n’est pas seulement destiné à fournir des services vitaux, il permet également aux familles d’acquérir des connaissances en matière de nutrition, d’hygiène et de soins appropriés pour leurs enfants.
Des services proposés par et pour les femmes afghanes
L’hôpital Sakena Yacoobi, dans la province d’Herat, est emblématique de la résilience et de la détermination des femmes afghanes, qui font face à des restrictions et à des obstacles considérables. Doté d’un personnel entièrement féminin, ce sanctuaire fournit des services de santé essentiels adaptés aux besoins spécifiques des femmes et des enfants dans les zones rurales. Des soins prénatals aux services de santé mentale, cet hôpital – financé par l’AHF et l’OMS – représente une véritable planche de salut pour les 5000 à 6000 patients qu’il accueille chaque mois.

Dans le village isolé d’Adina Masjid, dans la province du Badakhshan, au nord-est du pays, l’AHF soutient l’équipe mobile de santé et de nutrition de l’organisation afghane des droits de la femme (Afghan Women’s Rights Organisation, AWRO), qui dispense des soins maternels et néonatals vitaux aux femmes confrontées à des complications pendant l’accouchement.
Les femmes qui ne peuvent rejoindre à temps l’établissement de santé le plus proche reçoivent une assistance obstétrique d’urgence et un accompagnement professionnel dans des conditions difficiles. Grâce à la sage-femme de l’équipe, les accouchements se déroulent dans de meilleures conditions de sécurité, un facteur crucial pour les mères comme pour les nouveau-nés. Après la naissance, l’équipe fournit des médicaments essentiels et dispense des conseils sur l’alimentation et la nutrition infantiles et maternelles, ainsi que sur les pratiques de santé et d’hygiène. Ces services améliorent l’accès aux soins de santé essentiels pour les familles dans les zones reculées et difficiles d’accès de la province du Badakhshan.

Un pays confronté à des chocs multiples
En 2025, le pays a connu une autre série de crises, mettant encore plus à l’épreuve la résilience de la population. Le retour forcé de plus de deux millions d’Afghans des pays voisins où ils avaient cherché refuge a encore exacerbé les besoins humanitaires. L’écrasante majorité d’entre eux rentrent sans papiers, privés de leurs biens et de leurs moyens de subsistance et traumatisés par leur expérience. Face à la pénurie des ressources dans de nombreuses régions du pays, l’afflux de rapatriés aura encore de lourdes répercussions démographiques, économiques et de développement dans les années à venir.
Parallèlement, 3,3 millions de personnes sont aux prises avec la sécheresse, et le pays souffre d’une crise alimentaire aiguë, des lacunes des services de santé essentiels et de l’absence de services de base. À cela s’ajoute le séisme du 31 août, qui a dévasté la région la plus montagneuse et isolée de l’Afghanistan. Le tremblement de terre et ses répliques ont fait 2000 morts et 3600 blessés, et ont détruit ou endommagé plus de 8500 habitations, ainsi que des infrastructures essentielles, des terres agricoles et du bétail.
Les défis et les besoins humanitaires restent considérables : de nombreuses communautés n’ont toujours pas accès aux services de santé, et les femmes continuent de faire face à des restrictions qui entravent fortement leur participation à la vie publique. La Suisse reste engagée localement. L’AHF est un acteur clé au service des communautés afghanes sinistrées et un appui solide pour les organisations humanitaires locales. À Kaboul, le bureau humanitaire suisse répond aux besoins de base des communautés vulnérables, éprouvées depuis des décennies par les conflits, la pauvreté et la faim.

Les fonds de financement communs pour les pays
L’AHF est l’un des fonds de financement commun pour les pays de l’OCHA. Les contributions des donateurs y sont regroupées dans un fonds unique et non affecté, dédié à un contexte humanitaire précis. Ce mécanisme inclusif et transparent permet de mobiliser rapidement des ressources et de financer des projets de première importance portés par les acteurs les mieux placés pour intervenir, notamment les ONG internationales et nationales ainsi que les agences des Nations Unies.
Gérés par l’OCHA en étroite concertation avec les donateurs et les partenaires, les CBPF garantissent que les moyens sont affectés là où les besoins sont les plus importants. À l’heure où les budgets humanitaires mondiaux sont mis à rude épreuve, la mise en commun des fonds est plus vitale que jamais. Flexibles et rapidement mobilisables, ces fonds permettent d’apporter une aide immédiate en cas d’urgence. Ils renforcent également l’action locale en soutenant les acteurs de première ligne, notamment les organisations dirigées par des femmes, telles que l’AWRO en Afghanistan. Les fonds communs contribuent de manière essentielle aux efforts actuels de réforme du système humanitaire mondial. La Suisse est favorable aux financements flexibles de ce type, afin de garantir une allocation rapide et efficace des ressources dans les contextes humanitaires.
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