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InformationsPublié le 19 mai 2026

L’ILF ou comment lier coopération au développement et investissement à impact

Comment accroître l’impact des fonds de la coopération au développement? Par exemple en adoptant l’approche du financement lié à l’impact (Impact-Linked Finance, ILF). Ce modèle innovant obéit à un principe simple: seuls les projets qui génèrent une valeur ajoutée sociale ou climatique et qui captent des investissements privés peuvent prétendre à un financement. Une visite effectuée auprès de deux entreprises sociales au Bangladesh illustre l’efficacité de l’ILF.

Employés d’une entreprise textile faisant leurs courses dans un supermarché Apon.

Au Bangladesh, les bas salaires perçus dans l’industrie du textile ainsi que les rendements agricoles incertains pèsent sur le quotidien de millions de personnes. Deux entreprises sociales montrent comment les innovations entrepreneuriales peuvent répondre concrètement à ces enjeux sociaux: l’entreprise Apon améliore les conditions de vie des ouvriers et ouvrières du textile directement sur leur lieu de travail, tandis que la start-up Aunkur soutient les petits agriculteurs en mettant à leur disposition une technologie innovante. Ces deux exemples illustrent la manière dont le financement à impact génère une valeur ajoutée sociale dans la coopération au développement.

Privilégier l’investissement aux subventions

L’ILF est un modèle de financement innovant en matière de coopération au développement. Il s’articule toujours autour du même principe de base: les petites et moyennes entreprises qui aspirent à créer un impact supplémentaire définissent conjointement des objectifs d’impact, par exemple en termes sociaux ou écologiques, qu’elles doivent atteindre dans un délai donné.

Les fonds de l’ILF sont ensuite versés par étapes, chaque versement étant subordonné à la réalisation effective des objectifs convenus.

Parallèlement, les entreprises doivent parvenir à capter des fonds supplémentaires d’investisseurs privés, qui leur permettront, à leur tour, de faire des investissements et de poursuivre leur développement. Le principe suivant s’applique: les investissements privés doivent être au moins deux fois plus importants que l’argent provenant de l’ILF. Il importe en outre que ces fonds proviennent de sources commerciales et non de l’aide publique. Si les objectifs ou les investissements convenus ne sont pas (pleinement) atteints, les fonds de l’ILF ne sont pas versés ou le montant est revu à la baisse. Fixées sur une base contractuelle, toutes les conditions définies font l’objet de contrôles systématiques. Cela permet de garantir que le soutien financier est directement subordonné à un impact supplémentaire mesurable et que des investissements privés sont effectivement mobilisés. Plus l’impact démontrable est important, plus la récompense financière sera élevée.

La Suisse soutient la transition au Bangladesh

Avec son programme de coopération 2026-2028, la Suisse accompagne le Bangladesh dans une phase décisive: le passage du statut de pays en développement à celui d’économie émergente – et la fin progressive de la coopération bilatérale.

Au cours des dernières décennies, le Bangladesh a réalisé des progrès remarquables, tant sur le plan économique que social. Dans le même temps, le pays fait face à des défis majeurs: tensions politiques, pauvreté croissante, risques climatiques et crise persistante des réfugiés rohingyas marquent le quotidien de plus de 175 millions de personnes.

C’est là qu’intervient le programme de coopération de la Suisse pour la période 2026-2028. Dernière phase d’un partenariat de plus de 50 ans, ce programme doté d’un budget de 43,5 millions de francs met l’accent sur une transition responsable. La Suisse apporte un soutien ciblé dans des domaines où elle dispose d’une expertise particulière, tels que l’adaptation au changement climatique, le développement économique durable et la gestion des migrations et des déplacements forcés.

La Suisse peut s’appuyer sur des résultats concrets: elle a renforcé les processus démocratiques, encouragé la participation locale et développé des modèles de financement innovants qui permettent des investissements dans des projets durables. Elle reste également un partenaire fiable dans le domaine de l’aide humanitaire, notamment en soutenant les réfugiés rohingyas et les communautés d’accueil.

Le nouveau programme est axé sur le transfert de responsabilités aux acteurs locaux. Il s’agit de renforcer et pérenniser les approches fructueuses. Le programme consolide les progrès réalisés et jette les bases d’un développement durable après la fin de la coopération bilatérale.

La Suisse maintient son engagement diplomatique à long terme avec l’ambassade à Dhaka et poursuivra aussi longtemps que nécessaire les actions humanitaires en faveur des réfugiés rohingyas.

Contact

Direction du développement et de la coopération (DDC)
Eichenweg 5
3003 Berne