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InformationsPublié le 15 novembre 2022

La coopération internationale de la Suisse: 60 ans de flexibilité

En 1961, le Conseil fédéral nommait le premier délégué à la coopération au développement. À l’occasion du 60e anniversaire de la naissance de la coopération internationale de la Suisse, la DDC dresse le bilan de son action, passe en revue les défis d’aujourd’hui, tels que la pandémie de COVID-19 et les changements climatiques, et se projette dans l’avenir. Grâce à sa capacité d’adaptation aux nouveaux enjeux, la DDC est toujours restée une actrice crédible sur la scène de la coopération internationale, tout au long de ses 60 années d’existence.

Le slogan : «aider les pays qui en ont besoin à s’aider eux-mêmes», établi dans les années 1960, est toujours valable pour la coopération internationale aujourd'hui.

Au cours des 60 dernières années, la population mondiale a plus que doublé, passant de 3,07 à 7,87 milliards de personnes. Dans le sillage de la mondialisation, l’économie, la politique, la culture et la communication sont devenues plus interdépendantes que jamais. La révolution numérique est en train de provoquer des bouleversements sans précédent, qui laisseront une empreinte historique sur les sociétés et les cultures de tous les pays du monde. Après soixante ans d’existence, la coopération internationale (CI) de la Suisse reste donc, malgré des progrès considérables, confrontée à des défis complexes:

La CI de la Suisse reste donc incontournable pour pallier ces évolutions. Elle doit rester agile, efficiente et efficace. C’est également ce que montre l’exemple de la pandémie de COVID-19. Grâce à la flexibilité de sa stratégie de coopération internationale, la Suisse a pu répondre rapidement et de manière ciblée aux besoins de populations dans le monde entier.

Tirer parti des tendances et des partenariats pour une meilleure efficacité

Non contente de s’adapter, la CI de la Suisse anticipe aussi les tendances actuelles afin d’augmenter son efficacité.

Nous avons adapté la coopération internationale à l’évolution de la situation et recherchons de nouveaux moyens de lutte contre la pauvreté.
Ignazio Cassis, conseiller fédéral

«Nous avons adapté la coopération internationale à l’évolution de la situation et recherchons de nouveaux moyens de lutte contre la pauvreté. En suivant nos quatre axes prioritaires – création d’emplois, lutte contre les changements climatiques, réduction des migrations irrégulières et promotion de la bonne gouvernance – nous voulons contribuer à la sécurité et à la prospérité dans les pays en développement, mais aussi en Suisse», souligne le conseiller fédéral Ignazio Cassis dans un plaidoyer en faveur de la CI.

Les nouvelles technologies sont l’un des piliers de cette stratégie. L’accès à l’information par le biais d’Internet pour tous ou les applications mobiles dans les domaines financier et sanitaire, par exemple, ont ainsi un effet positif sur le développement politique, social et économique.

Science et secteur privé

En ce qui concerne l'utilisation des nouvelles technologies dans la CI, la DDC mise sur la coopération avec les milieux scientifiques et le secteur privé. En effet, le potentiel d’innovation du secteur privé est un facteur-clé dans la perspective des objectifs de développement durable définis dans l’Agenda 2030. La collaboration avec Medicines for Malaria Venture (MMV) à Genève est un exemple de ce type de partenariats. Depuis 1999, l’association du savoir-faire médical de MMV aux connaissances spécifiques de la DDC a permis le développement d’un médicament peu coûteux contre le paludisme. À ce jour, ce remède a été administré plus de 250 millions de fois dans une bonne cinquantaine de pays.

Le secteur privé est essentiel à la création d'emplois.

Sur le terrain aussi, le secteur privé revêt une grande importance, puisqu’il représente la trame du tissu économique du pays, indépendamment de son degré d’industrialisation. Il est notamment le moteur de la création d’emplois. Au Kosovo, par exemple, les moyens dont dispose le secteur public pour créer lui-même des emplois sont très limités, comme c’est le cas dans de nombreux pays. En conséquence, la DDC a mis en place un projet de collaboration avec des PME kosovares dans le domaine de l’agro-alimentaire et du tourisme. L’objectif est d’augmenter la productivité agricole et de faire connaître le Kosovo comme destination pour le tourisme d’été et d’hiver. Si ces domaines peuvent se développer davantage, cela créera automatiquement plus d’emplois et de nouvelles perspectives pour les populations locales.

60 ans d’aide en faveur d’un développement autonome

Dans les années 1960, on pensait que le problème de la pauvreté dans le monde pouvait être résolu en l’espace de quelques années, à l’image de la reconstruction, relativement rapide, de l’Europe après la guerre.   Ces attentes ont cependant vite été déçues et les fondateurs de la coopération au développement, dans les années 1960, ont dû déchanter. Au fil des décennies, les champs d’activité de la DDC ont gagné en complexité.

Chronologie: 60 ans de coopération internationale

L’histoire de la DDC est étroitement liée aux évolutions et aux événements dans le monde. C'est pourquoi elle doit faire preuve d'adaptabilité. Les premiers balbutiements de la coopération suisse au développement, alors appelée «coopération technique», remontent à l’après-guerre, lorsque des pans entiers de l’Europe gisaient en ruines. La Suisse s’est elle aussi associée à l'effort de reconstruction. Ce n’est que dans les années 1950 qu’elle étend son action au-delà des frontières européennes. Avec l’intégration du Service pour l’assistance technique, ancêtre de la DDC, au Département politique fédéral (aujourd’hui le DFAE) et la nomination du premier délégué du Conseil fédéral à la coopération technique le 17 mars 1961, la coopération suisse au développement prend forme et s’institutionnalise. Par la suite, elle a formulé sa mission en ces termes: aider les pays qui en ont besoin à s’aider eux-mêmes. Aujourd’hui encore, cet objectif n’a pas changé.

Les tendances internationales, telles que la protection de l'environnement, ont eu un impact durable sur la coopération internationale de la Suisse.

Adaptation aux tendances

Comme dans la mode, il y a aussi des tendances dans la coopération au développement. La crise de la dette qui a affecté les pays en développement dans le sillage de la crise économique mondiale et des chocs pétroliers dans les années 1970, le mouvement écologiste et l’émergence du concept de la durabilité dans les années 1980, tout comme l’indépendance des États qui composaient l’ancienne l’URSS après la chute du mur de Berlin, ont eu en effet une influence considérable sur le travail de la DDC.

La Suisse est une actrice crédible dans la lutte contre les besoins et la pauvreté dans le monde.

Une partenaire sollicitée un peu partout dans le monde

La coopération internationale fait partie de la tradition humanitaire de la Suisse. Par le passé, elle s’est distinguée par son adaptabilité au contexte historique, social et politique du moment. Cette souplesse, associée au savoir-faire et à l’expérience que la Suisse a acquis dans le domaine de la coopération internationale au cours des 60 dernières années, lui vaut d’être toujours aussi sollicitée aux quatre coins du monde. Grâce à son savoir-faire également, la Suisse est une partenaire crédible lorsqu’il s’agit de soulager les populations dans le besoin et de lutter contre la pauvreté dans le monde, de renforcer le respect des droits de l’homme, de promouvoir la démocratie et de protéger l’environnement.

Pour que la DDC puisse continuer à réaliser ses objectifs à l'avenir, la directrice Patricia Danzi entend continuer à l’adapter aux nouvelles réalités politiques mondiales, renforcer ses réseaux, développer les évaluations d’impact et impliquer encore davantage ses partenaires dans les pays en développement.

Une boussole stratégique pour les quatre prochaines années

Cela fait maintenant 60 ans que la coopération internationale de la Suisse évolue en fonction des événements dans le monde. La stratégie de coopération internationale 2021-2024 (stratégie CI), qui est la dernière en date, n’y fait pas exception.

Dans sa stratégie de politique extérieure 2020-2023 (SPE) publiée fin janvier 2020, le Conseil fédéral a défini des objectifs généraux en s’appuyant sur une analyse du contexte mondial actuel ainsi que des évolutions et tendances susceptibles d’avoir un impact à l’avenir.

Fondée sur la SPE, la stratégie CI s’articule autour de quatre accents thématiques dans quatre régions prioritaires. Concentrée sur l’Europe de l’Est, l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l’Afrique sub-saharienne, ainsi que sur l’Asie (centrale, du Sud et du Sud-Est), la coopération internationale gagne en efficacité. La réalisation de ses quatre objectifs, qui sont de valeur égale, contribue à réduire la pauvreté et donc à mettre en œuvre l’Agenda 2030.

Il s’agit de

  • la création d’emplois décents sur place;
  • la lutte contre les changements climatiques;
  • la réduction des causes de la migration irrégulière et du déplacement forcé;
  • l’engagement en faveur de l’état de droit.

Les stratégies thématiques, comme la stratégie CI, viennent compléter les stratégies géographiques, telles que la stratégie Afrique subsaharienne ou la stratégie MENA du DFAE. Celles-ci sont toutes coordonnées, La Suisse peut ainsi accroître l’efficacité de son engagement international, éviter les redondances et exploiter les synergies entre les services fédéraux concernés et les partenaires externes.

L’articulation entre ces différentes stratégies permet à la Suisse de coordonner la mise en œuvre de sa politique extérieure dans toutes les régions du monde et de présenter un front uni et cohérent sur la scène internationale.

Informations complémentaires sur les différentes stratégies de la politique extérieure de la Suisse

Contact

Direction du développement et de la coopération (DDC)
Eichenweg 5
3003 Berne