Le financement climatique, un levier important pour enrayer le changement climatique
Lors de la Conférence mondiale sur le climat prévue cette année à Belém (COP30), le financement climatique international sera à nouveau au cœur des débats. Ce levier est essentiel pour contenir le réchauffement planétaire sous la barre de 1,5 °C et soutenir les pays les plus touchés. La Suisse contribue ainsi à la mise en œuvre de l’Accord de Paris ; la coopération internationale y joue un rôle déterminant.

La Conférence des Parties (COP) est la conférence mondiale sur le climat organisée chaque année par l’ONU. Elle réunit les pays signataires de la convention-cadre des Nations Unies sur le réchauffement climatique. Cette année, la COP30 se tiendra du 10 au 21 novembre à Belém, au Brésil, et réunira des représentants des gouvernements, des milieux scientifiques, du secteur privé et de la société civile. Les États parties négocieront des objectifs et des mesures supplémentaires pour la protection du climat. La Suisse participera également aux négociations avec une délégation de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) et d’autres offices fédéraux, dont la Direction du développement et de la coopération (DDC).
Lors des négociations annuelles, les États parties se sont entendus sur l’urgence d’agir face au réchauffement climatique et ont convenu d’objectifs, de normes et de mécanismes concrets. En 2015, l’Accord de Paris (COP21) a fixé l’objectif d’un seuil de réchauffement maximal de 1,5 °C. Les États s’engagent donc à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Dans cette optique, ils doivent renforcer tous les cinq ans leurs objectifs climatiques nationaux (à savoir les contributions déterminées au niveau national ou CDN), mettre en œuvre les mesures qui s’imposent et rendre régulièrement compte des progrès réalisés.

Actuellement, les États parties sont invités à présenter des CDN nouvelles ou actualisées qui mettent la barre plus haut afin de réaliser l’objectif de 1,5 °C. La Suisse se mobilise pour que tous les États – en particulier les grands émetteurs de gaz à effet de serre – soumettent de nouveaux objectifs climatiques ambitieux. Elle demande également que ces objectifs soient concrets et vérifiables et contribuent au respect du seuil visé de 1,5 °C.
Financement de la réalisation de l’objectif de 1,5 °C
Dans de nombreux pays, en particulier parmi les grands émetteurs de gaz à effet de serre et les producteurs d’énergies fossiles, la volonté politique de renforcer les ambitions climatiques fait défaut. Nombreux sont par ailleurs les États qui rencontrent des difficultés majeures dans la réalisation de leurs objectifs climatiques. Les moyens dont ils disposent pour atteindre les objectifs climatiques fixés dans le cadre de leurs CDN sont limités. De plus, le cadre politique et les mesures concrètes n’ont pas encore été établis. Les pays qui subissent déjà le plus durement les effets du changement climatique seront aussi les premiers à en ressentir l’aggravation si l’objectif de 1,5 °C n’est pas atteint. Les sécheresses et les fortes précipitations, à l’origine de pertes de récoltes, d’incendies de forêt, d’inondations et de glissements de terrain, engendrent pauvreté, faim, conflits et mouvements migratoires, et freinent ainsi le développement des régions touchées.
C’est pourquoi les économies les plus avancées soutiennent les pays en développement et émergents dans la mise en œuvre de leurs objectifs climatiques et le renforcement de leur capacité d’adaptation. Lors de la Conférence mondiale sur le climat organisée l’an dernier à Bakou (COP29), les États parties ont convenu de tripler l’objectif annuel de financement, le faisant passer de 100 à 300 milliards de dollars d’ici 2035, pour atténuer les effets des changements climatiques et renforcer les capacités d’adaptation dans les pays en développement. Avec ce nouvel objectif chiffré, appelé New Collective Quantified Goal on Climate Finance (NCQG), la communauté internationale entend soutenir la mise en œuvre de l’objectif de limitation du réchauffement à 1,5 °C d’ici 2050. En outre, tous les États et les acteurs non étatiques sont appelés à créer, d’ici 2035, les conditions nécessaires à des investissements de 1300 milliards de dollars dans des mesures climatiques dans les pays en développement.

La Suisse contribue à la réalisation de cet objectif de financement et défend dans les négociations la nécessité de mobiliser davantage de fonds privés et d’élargir la base des pays donateurs, notamment en incluant des États économiquement performants et à fortes émissions. À eux seuls, les fonds publics ne suffiront pas pour réaliser le NCQG et les objectifs fixés pour 2050. Les investissements dans la protection du climat coûtent beaucoup moins cher que la lutte contre les conséquences du changement climatique, et les moyens nécessaires doivent être mobilisés à la plus large échelle possible. Même si des mesures d’adaptation restent indispensables, la priorité devrait aller à la prévention.
Le Conseil fédéral a calculé en 2017 que la participation équitable de la Suisse à la réalisation de l’objectif de 100 milliards de dollars se situait entre 450 et 600 millions de francs, sur la base de sa capacité économique et de sa part dans les émissions mondiales. La majeure partie du financement suisse pour le climat, plus de 360 millions de francs, provient du budget de la coopération internationale de la DDC, notamment les activités de coopération bilatérale et multilatérale.
La coopération internationale : un engagement pour le climat et le développement
En plus de ses propres mesures nationales de réduction des émissions, la Suisse participe à la réalisation des objectifs climatiques mondiaux grâce à sa contribution au financement climatique. Les activités de coopération internationale de la Suisse privilégient la réalisation de projets durables dans les pays en développement, au bénéfice des populations locales. Cette action apporte un soutien efficace aux communautés et aux pays les plus touchés par le changement climatique et contribue à limiter le réchauffement à 1,5 °C maximum.
Le financement international de l’action climatique facilite la réduction des émissions et l’adaptation aux conséquences du changement climatique. La DDC appuie ces deux approches, en mettant l’accent sur les programmes d’adaptation. La protection du climat et de l’environnement représente un des quatre objectifs stratégiques de la stratégie suisse de coopération internationale 2025-2028. La DDC et le SECO soutiennent des projets de développement bilatéraux et collaborent avec des organisations partenaires et des fonds multilatéraux, tels que le Fonds vert pour le climat (FVC) et des banques de développement multilatérales.
La COP30 à Belém
Les forums multilatéraux comme la COP permettent aux représentants des gouvernements, des milieux scientifiques, du secteur privé et de la société civile de se réunir et de convenir d’objectifs réalisables de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les thèmes principaux seront les nouvelles CDN des États parties jusqu’en 2035. De son côté, la Suisse s’investit pour que tous les États parties présentent des objectifs climatiques ambitieux pour 2035, compatibles avec l’objectif de 1,5 °C. La Suisse a présenté son nouvel objectif climatique renforcé en janvier 2025. Elle s’emploie à stimuler les investissements privés en faveur de l’action climatique et à améliorer l’efficacité de la coopération internationale pour la protection du climat.
Le renforcement des mécanismes multilatéraux et des systèmes basés sur des règles est dans l’intérêt de la Suisse. Limiter le réchauffement de la planète exige des efforts communs : les initiatives isolées sont impuissantes face aux défis du changement climatique, dont les conséquences se font sentir partout dans le monde. La DDC et ses organisations partenaires contribuent à ce que le cap de 1,5 °C reste un objectif réalisable.
Contact
Eichenweg 5
3003 Berne